Introduction









Dernière mise à jour
le 20 janvier 2013

A V E R T I S S E M E N T

Ce site existe pour témoigner de la vie et de l'organisation d'un maquis de Résistance pendant la seconde guerre mondiale, pour montrer des documents authentiques et d'époque qui, sans le support du Web, ne seraient pas accessibles au-delà de leur retraite tarnaise, pour éclairer le rôle de la grande diversité d'acteurs qui ont écrit cette histoire là.

Mais, malgré tout le soin apporté à son élaboration, le visiteur doit garder à l'esprit que :

  • Ce site est en partie à base de témoignages humains qui tous, contribuent à établir la vérité, sans l'établir chacun complètement.
  • Le temps fait son travail et s'il érode les reliefs qui jalonnent l'histoire immédiate, il comble aussi les fossés où s'écoulent les souvenirs.
  • Ce site n'est pas complet et ne le sera probablement jamais. Il y a tant à dire et à faire...
  • Il n'est pas exempt d'erreurs, que nous nous efforçons de corriger dès que nous les détectons.

Ici Londres... les français parlent aux français... voici quelques messages personnels :

De la chouette au merle blanc,
des amis vous diront ce soir
que le chargeur n'a que 20 balles

A travers le brouillage des ondes interdites et l'inventaire énigmatique des phrases, des hommes et des femmes dans un lieu secret de France savaient que ce message là était pour eux. Ils savaient que la chouette, le merle blanc et ce chargeur qui n'avait que 20 balles étaient porteurs de nuits sans sommeil faites d'amitié, de danger et d'espérance.

[...]
Le 7 Août nous étions 3 groupes à Blida, près d'Alger, trois groupes à destination France pour ce soir-là. A 10 heures, mon équipe embarquait sur un Halifax. Avec moi, il y avait un officier et deux radios, tous trois français. A 2 heures du matin, nous sommes au-dessus du but. Nous pouvons voir les lumières signalant le terrain d'atterrissage. Nous serrons la main de l'équipage. La trappe est ouverte. La lumière rouge s'allume, puis la verte. Nous nous jetons par le trou. C'est une magnifique nuit d'été avec une lune brillante. Nous descendons en flottant doucement, regardant avec attention les petites silhouettes des maquisards qui allaient nous recevoir.

Nous sommes en France. Pour moi, c'est très émouvant. Pour mes compagnons, encore bien plus. [...]

The first maquis I met was not a very distinguished or active maquis. They were mainly youths who were not very experienced, but they made a profound impression on me. They were fine upstranding fellows with fresh keen faces, from all social classes. In England, of course, they would (still) have been at school.

One evening a protestant pastor and a catholic priest who had both fled from the Gestapo came up the hill. It was a moving scene; a fine august evening, in a meadow in the hills of Languedoc surrounded by woods, with the big farm where the maquis livedin the backed ground, while pastor and priest told those french boys why it was right for them to be outlaws and learn to fight the invader.

Le premier maquis que j'ai rencontré ne s'était pas distingué par ses hauts faits. Les jeunes qui le composaient n'avaient guère d'expérience, et pourtant ils m'ont fait une impression profonde. C'étaient des gars bien droits, au frais visage, au regard vif, issus de toutes les classes sociales. En Angleterre bien sûr, ils auraient encore été à l'école.

Un jour un pasteur protestant et un prêtre catholique, qui fuyaient tous les deux la gestapo, sont montés sur la colline [NdT : il s'agit du pasteur Cadier, menacé par la milice à Montpellier, et de l'abbé Gèze, secrétaire particulier de Mgr Salièges, menacé à Toulouse]. C'était une scène émouvante; un beau soir d'août dans un pré cerné de forêts sur les monts du Languedoc. Au fond, la longue ferme où vivaient les maquisards, et où un prêtre et un pasteur expliquaient à ces garçons français pourquoi il était juste pour eux d'être hors-la-loi et d'apprendre à se battre contre l'envahisseur.

Traduction OdR

Extraits de Aux armes, citoyens, journal de bord du Major Davies

[...]
Entre 1940 et 1942, au temps où Vichy se croyait libre en zone non occupée, Vabre paraissait un petit chef-lieu de canton sans histoire. Le Maire était un respectable notaire. Les industriels étaient de bons bourgeois du textile. La population ouvrière était pieuse et travailleuse. La population des hameaux avait des traditions. Le pasteur faisait faire du sport à ses jeunes, le curé avait la confiance de l'Archevèque d'Albi. Un film bucolique d'Albert Mahuzier commenté par Jean Nohain, Le tortillard, avait eu beaucoup de succès jusqu'aux écrans de Paris : on y voyait de placides vabrais sortant du petit train [départemental] de Castres à Lacaune avec des paniers de volailles, et le chef de gare faisant boire à l'antique locomotive l'eau fraîche de la rivière. [...]

Lorsque les allemands ont envahi la zone libre en novembre 1942, quelques bruits ont atteint les Kommandanturs de Castres et d'Albi : des terroristes, probablement communistes seraient tapis dans les forêts de Vabre. Mais les dénonciations restaient vagues et le nouveau brigadier de gendarmerie ne signalait rien dans son secteur que quelques camps de scouts dont il avait vérifié les cartes d'identité. Aucun juif, aucun étranger figurait dans chacun de ses rapports à ses supérieurs.

Pas de quoi empêcher Hitler de dormir !

Extrait d'un dossier de 1992 [1]